L’organe perdu (2015-2017)

Si une photographie vaut par ce qu’elle montre, elle interroge aussi sur le sens de ce qui n’est pas visible. « L’organe perdu » est composé de cent nombrils, féminins, en gros plan, placés dans l’ordre chronologique des prises de vue. Elles se sont déroulées dans la rue, au marché, dans les boutiques, ou du collège public de la Chanca, quartier populaire déshérité, située à l'est du port d'Almería, en Andalousie.

Almería a toujours été un point d’échange entre l’Afrique et l’Europe. La Chanca site collinaire entre le port et le Château Maure, est la porte d’entrée des émigrants. Les immeubles ont remplacé les petites maisons aux façades peintes à la chaux, photographiées par Jesús de Perceval et Perez Siqiuer dans les années 60, mais la diversité d’origine, Espagnols, Gitans, Marocains, et plus récemment de l’Afrique sub-saharienne, fédérant leur pauvreté, est la même. Les nombrils témoignent de cette diversité.

Dans La Chanca, la femme tient un rôle prépondérant ; Elle assure la vie quotidienne, l’éducation des enfants et, c’est elle, qui, souvent fait vivre la famille : elle endure. En se rapprochant, ce qui se donne à voir, sont des replis de peau indescriptibles qui s’enfoncent dans l’intimité du ventre, formant un trou sombre en son milieu. Le nombril, cicatrice du premier lieu de la rencontre avec l’autre, est aussi la cicatrice de la première séparation : naitre, grandir, enfanter, vieillir et mourir. Le temps et les épreuves de la vie y impriment leur marque.

Les cents nombrils sont tirés en noir et blanc (7x7cm) avec un format de grandissement de 1:1, regroupées dans une mosaïque (80cmx80cm) présentée dans une caisse américaine. Travail exposé aux Focales en Vercors 2017 et aux Voix OFF d'Arles 2017

El órgano perdido

Si una fotografía vale por lo que muestra, también interroga sobre el sentido de lo que no es visible.

El órgano perdido se compone de cien ombligos, femeninos, en primer plano, dispuestos por el orden cronológico en que fueron registrados. Las fotografías se tomaron en la calle, en el mercado, en las tiendas y en el colegio público de La Chanca, barrio popular, desamparado y digno, situado al este del puerto de Almería, en Andalucía.

Almería siempre ha sido un punto de comunicación entre África y Europa. La Chanca, sobre su colina, entre el puerto y el castillo moro, es puerta para los emigrantes. Nuevos edificios han sustituido a las pequeñas casas de fachadas pintadas con cal fotografiadas por Jesús de Perceval y Pérez Siquier en los años 60, pero la diversidad de origen de sus habitantes, españoles payos, gitanos, marroquíes y, más recientemente, del África sub sahariana, los hermana en una misma pobreza. Los ombligos son testigos de esta diversidad.

En La Chanca, la mujer desempeña un papel decisivo; ella asegura la vida diaria, la educación de los niños, y es quien hace vivir a la familia: es su piedra angular y cimiento. Cuando el fotógrafo se aproxima a sus ombligos, muestra lo que esencialmente son: indescriptibles repliegues de piel que se hunden en la intimidad del vientre, girando en su centro en un agujero oscuro.

El ombligo es la cicatriz del primer lugar de encuentro con el otro, es también la huella imperecedera de la primera separación: nacer, crecer, dar la vida, envejecer y morir. El tiempo, pero sobre todo las duras pruebas de la vida, imprimen su marca.