1906 – 1911 La fin d’un monde

En 1906, Jean-Baptiste vend Ker Elisabeth pour construire Hautefeuille.

En 1907 il cède sa pharmacie rue Crébillon. Débute aussi la maladie de sa femme. Elle est soignée par le docteur Monnier, voisin et ami de la famille au 1 rue du Calvaire.

En 1910, la fille aînée Madeleine (qui a son brevet d’institutrice) se marie à son cousin, le docteur George Cesbron. La maladie de sa femme s’aggrave. En novembre et décembre, elle reçoit la visite du médecin tous les deux jours. Les visites se font rares en janvier. Le 4 février 1911 Margueritte Bretonière meurt à l’âge de 49 ans.

Deux mois plus tard, à 21 ans, le 4 avril 1911 Madeleine décède dans les suites d’un accouchement à 21 ans. Le docteur George Cesbron épousera Marthe Fiévé en 1914. L'union donnera six filles et trois garçons dont André Cesbron, Médecin à Champtoceaux et marié à Jeanne Sourice.

La guerre est là, une nouvelle fois.

Le 6 août 1914, les armées allemandes pénètrent en Belgique et attaquent Liège, exécutant le plan Schlieffen. Pendant ce temps les attaques françaises en Alsace et en Lorraine, échouent. La contre offensive prévue se termine par de sévères défaites, notamment à Mons et à Charleroi.

En 1918, le rapport des forces devient défavorable aux allemands. D’août en novembre 1918, Foch déclenche une série d’offensives. C’est au terme d’une longue guerre d’usure, et après les suprêmes efforts du printemps 1918, l’armée allemande est usée, et recule devant la coalition avec les anglais et les américains.

Dans sa grande maison, Jean-Baptiste est seul avec son fils Jean, 17 ans, qui poursuit de médiocres études à l’externat nantais. Jeanne est rentrée dans les ordres en 1915, à l'âge de 24 ans, moniale dans l'Ordre de la Visitation, au couvent 8 rue Maréchal Joffre, à deux pas de l’église Saint-Clément. Elle n’en sortira plus jusqu’à sa mort. Elle aidera son petit neveu Yves en louant une maison de la ségrégation, au 21 de la rue Préfet Bonnefoy. Lors des visites, j' entendais de loin son arrivée dans le silence du couvent, sa jambe de bois martelant le plancher.

Marie attendra 1920, que son frère soit grand, pour prendre le voile dans l’ordre des Bénédictines et mourra en 1948 à Caluire.

Jean-Baptiste regarde dans le silence son fils grandir, se marier, avoir deux enfants, et attendre l’héritage dans la belle maison du Calvaire de Grillot. Jean-Baptiste meurt en 1942 à 84 ans. Jean qui était courtier en assurance maritime, vend ses parts pour acheter une épicerie fine, place Delorme : "Nantes Colonial".