John Bronces, né à Nantes en 1953, vit et travaille à Grenoble.

Adhérent Fontaine Obscure-Aix en Provence.

Mes premières photos, je crois, datent de ma première communion où je reçu en cadeau un Instamatic Kodak: la focale figée de 1 m à l’infini où l’utilisateur n’avait qu’à régler l’exposition sur la fonction “soleil” ou “nuage” . Le tirage au format carré imposait le cadrage au centre. La photographie n’était pas envisagée sous un angle technique, ni même esthétique. Il s’agissait juste de garder une trace du moment présent, trace souvent peu nette. Je n’en garde pas un bon souvenir.

Dix sept ans, c’est l’âge où je découvris le reflex Minolta de mon cousin, le couple vitesse/ouverture et le claquement de la relevé du miroir, en même temps que le regard souriant des femmes vu à travers le viseur, enfin clair.

C’est aussi l’âge où je découvris les plaques de verre des aïeux. Ces négatifs non annotées, gardèrent tout leur mystère jusqu’au jour où, bien plus tard, je pus les numériser. Exercice de prestidigitation qui révèle d’un coup ces instants passés, processus fantasmagorique de ce qui a pu être. La photographie comme passeuse de l’au delà.